Publiée le 28/05/19

Céline T. Conseillère sociale

"Nous sommes parfois l’unique contact des locataires… Il faut soigner ce lien plus que jamais"

Céline T. Conseillère sociale

Pouvez-vous nous présenter votre métier ?

J’accompagne des ménages aux fragilités très variées : personnes isolées, familles
monoparentales, femmes victimes de violence, personnes en difficulté économique,
personnes âgées et handicapées, ou qui ont vécu en foyers d’hébergement, avec
un parcours d’asile... Je travaille de manière transversale avec presque tous les
services de GrandLyon Habitat.
Les gardiens sont d’une grande aide pour la veille sociale. En nous alertant, ils nous
permettent d’agir le plus en amont possible, afin de ne pas laisser certaines situations
se dégrader encore plus, par exemple pour des faits de manque d’hygiène aggravé ou
de punaises de lit. Nous sommes en lien aussi avec des partenaires extérieurs, comme
les assistantes sociales des Maisons de la Métropole pour les Solidarités, mais aussi
tout le champ médico-social et des associations d’aide à domicile.

Qu’observez-vous sur la situation des ménages ?

Nous rencontrons de plus en plus de personnes qui cumulent les difficultés et nous pouvons parfois nous sentir démunis pour intervenir. Je pense à cette dame âgée isolée, qui est en perte de mobilité et présente des troubles psychiques… Elle n’adhère pas aux solutions que nous lui proposons avec sa curatrice et
l’assistante sociale.
Le sentiment d’isolement est d’autant plus prégnant pour certaines personnes en cette période où toutes les activités associatives sont arrêtées. Parfois, nous sommes leur unique contact, mais nous ne pouvons pas nous substituer à un cercle familial ou amical. En temps normal, je vais tous les jours à domicile pour favoriser une relation de confiance. Je vais moins sur le terrain avec la crise sanitaire, mais j’ai adapté mes missions. Il y a du positif, les journées de télétravail favorisent la prise de recul, indispensable pour analyser les situations.
Mais un nouveau confinement strict serait difficile. Nous allons moins dans le détail des situations avec un premier contact en visio ou par téléphone. Même en présentiel, tout un pan de la communication est mis à mal. Quand nous n’avons plus les mots, un sourire peut apaiser. En ce moment, il est caché derrière le masque et la distanciation physique ne nous permet plus de mettre une main sur l’épaule. Mais nous faisons tout pour trouver d’autres façons de rassurer.

Qu’est-ce qui vous semble important dans votre métier ?

Je pense qu’il faut être à l’écoute et faire preuve d’empathie, avoir des capacités d’analyse et d’adaptation à toute situation. Parfois, il faut savoir orienter vers d’autres structures (insertion, santé, etc.), si nos
compétences sont dépassées. Les séances d’Analyse de la Pratique Professionnelle (APP) nous permettent de nous livrer et d’échanger avec les autres conseillers sociaux. Le besoin de formation est constant, les dispositifs évoluent sans cesse et notre champs d’action ne cesse de s’agrandir.

https://www.grandlyonhabitat.fr/organisme/Recrutement/Portraits-de-collaborateurs/Celine-T.-Conseillere-sociale 12/06/2021